lundi 27 octobre 2014

A qui est vraiment ce terroir ? Une comparaison des investissements chinois dans le secteur viticole en France et en Australie




Traduction du résumé de l'article de : 
Louise CURRAN, Toulouse Business School, Toulouse, France
Michael THORPE, Curtin Business School, Peeth, Australia

Article publié dans American Association of Wine Economics (AAWE), WP168, septembre 2014.

Résumé

Ce papier cherche à explorer le développement récent des investissement des entreprises chinoises dans le secteur viticole en région Bordelaise et en Australie de l’ouest.

Notre objectif est d’explorer l’envergure du phénomène qui, bien qu’il soit largement médiatisé dans les deux régions, n’a que peu mobilisé l’attention du monde universitaire. Etant donné que les chiffres des flux d’investissements officiels ne donnent que peu d’informations détaillées, nous avons cherché à analyser ce phénomène par le biais d’entretiens directs avec les acteurs locaux ainsi que grâce aux chiffres des flux commerciaux.

Nos résultats indiquent que le niveau des investissements chinois est relativement bas dans les deux cas. Néanmoins, le nombre d’investissements et la rapidité à laquelle ils ont crus, surtout dans la région Bordelaise, ont attiré l’attention des médias. Les motivations des investisseurs dans les deux régions sont : l’espérance de tirer profit de la croissance du marché domestique du vin ; sécuriser l’origine des approvisionnements ; le prestige et la diversification du risque. A Bordeaux, le renom de l’appellation était clairement un avantage, tout comme le patrimoine historique qui fait souvent parti de l’attractivité des vignobles. Une autre motivation était de contourner les chaînes d’approvisionnements traditionnelles du Bordelais en s’assurant la possibilité de livraisons directes en Chine. En ce qui concerne l’Australie, le renforcement des relations commerciales existantes était une motivation déterminante, ainsi que la potentialité d’assurer un droit de résidence dans le pays. Le climat des investissements est relativement ouverts dans les deux régions et nous avons noté très peu de barrières aux investissements dans le secteur. Néanmoins, il y a un risque que de nouveaux obstacles émergent, surtout depuis que les montages financiers des investisseurs soient suspectés d’être illégaux et non légitimes dans le vignoble Bordelais. Nous concluons cet article en ouvrant de nouvelles pistes de recherches dans le futur

Mots clefs : Australie de l’ouest, Bordeaux, Investissements, Chine, Vins


jeudi 23 octobre 2014

Whose Terroir is it Anyway? Comparing Chinese FDI in the French & Australian Wine Sector by Louise Curran and Michael Thorpe




Nous avons le plaisir de partager avec vous l'article de :

Louise Curran - Toulouse Business School, Toulouse, France (l.curran@tbs.education.fr) et de Michael Thorpe - Curtin Business School, Perth, Australia (michael.thorpe@cbs.curtin.edu.au)

Article publié dans American Association of Wine Economists
AAWE Working Paper N° 168 Business - Septembre 2014  - ISNN 2166-9112

Lien publié avec l'accord des auteurs.

http://www.wine-economics.org/aawe/wp-content/uploads/2014/09/AAWE_WP168.pdf


Résumé

Ce papier cherche à explorer le développement récent des investissement des entreprises chinoises dans le secteur viticole en région Bordelaise et en Australie de l’ouest.

Notre objectif est d’explorer l’envergure du phénomène qui, bien qu’il soit largement médiatisé dans les deux régions, n’a que peu mobilisé l’attention du monde universitaire. Etant donné que les chiffres des flux d’investissements officiels ne donnent que peu d’informations détaillées, nous avons cherché à analyser ce phénomène par le biais d’entretiens directs avec les acteurs locaux ainsi que grâce aux chiffres des flux commerciaux.

Nos résultats indiquent que le niveau des investissements chinois est relativement bas dans les deux cas. Néanmoins, le nombre d’investissements et la rapidité à laquelle ils ont crus, surtout dans la région Bordelaise, ont attiré l’attention des médias. Les motivations des investisseurs dans les deux régions sont : l’espérance de tirer profit de la croissance du marché domestique du vin ; sécuriser l’origine des approvisionnements ; le prestige et la diversification du risque. A Bordeaux, le renom de l’appellation était clairement un avantage, tout comme le patrimoine historique qui fait souvent parti de l’attractivité des vignobles. Une autre motivation était de contourner les chaînes d’approvisionnements traditionnelles du Bordelais en s’assurant la possibilité de livraisons directes en Chine. En ce qui concerne l’Australie, le renforcement des relations commerciales existantes était une motivation déterminante, ainsi que la potentialité d’assurer un droit de résidence dans le pays. Le climat des investissements est relativement ouverts dans les deux régions et nous avons noté très peu de barrières aux investissements dans le secteur. Néanmoins, il y a un risque que de nouveaux obstacles émergent, surtout depuis que les montages financiers des investisseurs soient suspectés d’être illégaux et non légitimes dans le vignoble Bordelais. Nous concluons cet article en ouvrant de nouvelles pistes de recherches dans le futur

Mots clefs : Australie de l’ouest, Bordeaux, Investissements, Chine, Vins

mercredi 2 juillet 2014

France / Bordeaux : Le système des primeurs en danger


Depuis 2-3 ans maintenant, le système des primeurs des vins de Bordeaux montre quelques limites.

Sur les 9091 châteaux recensés par la Fédération des A.O.C de Gironde en juin 2014*, environ 200 d'entre eux s'activent sur  ce marché si rémunérateur. Pour ces domaines de l'élite Bordelaise les temps deviennent difficiles. Après avoir surfé sur la vague des grands millésimes de 2000, 2005, puis 2009 et 2010 qui se sont très bien vendus en primeurs, les années suivantes 2011, 2012 et surtout 2013 ont été jugées à la fois moins qualitatives et trop onéreuses. Les acheteurs se sont faits plus rares :
- Les opérateurs américains qui sont généralement centrés sur les grands millésimes se sont détournés des trois derniers millésimes vendus en primeur.
- Les importateurs chinois ont limité leurs achats de vins de Bordeaux suite aux recommandations de leur gouvernement qui cherche à limiter l'hégémonie des vins de Bordeaux et qui lutte activement depuis 9 mois contre la corruption de ses élites, grandes consommatrices de luxe et de vins fins.
- Les clients traditionnels européens se sont refusés à surpayer des bouteilles qui sont devenues hors de prix
- Les acheteurs sur le marché français se sont stockés pendant la crise
- Les sites de vente en ligne souffrent eux aussi du même mal.

Aujourd'hui, le système est fragilisé et s'est mis en danger tout seul. Alors qu'à l'origine l'achat en primeur permettait d'accéder à des produits rares et haut de gamme à un prix raisonnable, le modèle économique ne présente plus les mêmes atouts. La faute à des volumes de plus en plus importants proposés à la vente et des prix qui se sont envolés... 
Sur la question des volumes, les grands domaines ont acheté ou planté de nouvelles parcelles pour répondre à une demande de plus en plus forte. 
Au lieu de limiter les quantités mises sur le marché afin de conserver l'idée de rareté (concept essentiel dans la vente de produits de luxe) les grands châteaux ont certainement écoulés de trop grandes quantités. Ils ont ainsi brisé la "part du rêve" qui caractérise l'achat de l'objet de luxe.




Sur la question des prix, les attentes de nombreux acheteurs pour le 2013 ont été déçues. Alors que les acheteurs s'attendaient à une chute substantielle des tarifs compte tenu d'un millésime assez faible en qualité pour les vins rouges (les vins bancs et liquoreux ayant élaboré pour leurs parts d'excellents produits)  il n'en a rien été. Les prix ont certes baissé, mais pas assez si l'on tient compte des qualités obtenues. Nombreux sont ceux qui qualifient les Bordeaux rouges 2013 de "vins médiocres" à "prix excessifs".

Une bien mauvaise image pour des produits qui cherchent à conserver une image d'excellence...

Dans ce jeu dangereux tout le monde peut tout perdre : les importateurs et les négociants bordelais en voyant leurs sur-stocks stagner dans les entrepôts... Et les producteurs en voyant les consommateurs se détourner de leurs produits.

Dans les années à venir, il sera certainement nécessaire de retrouver la raison et de fonder un nouveau modèle économique plus attractif pour les opérateurs et pour les consommateurs.


* Quotidien "Sud-Ouest" du 25 juin 2014 : la fédération des A.O.C de Gironde annonçait que le nombre de châteaux en Gironde est passé de 12.653 en 2006 à 9091 en 2014.


Biographie de l’auteur :
Loïc Le Roy est bordelais. Il réside à Montréal au Canada depuis 2016. 
Après avoir suivi des études en marketing, techniques de commercialisation et exportation à Bordeaux, il a travaillé une dizaine d’années en tant que responsable des ventes pour un groupe agro-alimentaire international, diffusant une large gamme de produits  destinés aux enseignes de la Grande Distribution. En 1989, Loïc s’oriente vers le coaching en performance auprès de capitaines d’industrie en Asie. A partir de 1994,  par le biais de dirigeants d’entreprises, il met en place des formations spécifiques en préparation psychologique destinées aux athlètes de haut niveau. Son attrait pour la performance humaine l’a amené à présenter en 2008 une thèse en Sciences du Sport à l’Université de Bordeaux intitulée : « La préparation psychologique du sportif : l’esprit et la performance du Moyen Age à nos jours ».
Dès 1999, enseigne dans plusieurs écoles de commerce le management des unités commerciales, la communication et le marketing du vin. 
Depuis avril 2012, il publie des articles sur son blog Mémoires de Vins
En 2014, il s'est spécialisé en "psychologie de la dégustation des vins et spiritueux" ; l'objectif étant d'aider les participants à mieux comprendre, appréhender et gérer les processus perceptifs et émotionnels à l'oeuvre au cours des dégustations. 

Il conçoit et édite des programmes axés sur la performance humaine qui sont accessibles sur son site loicleroyonline.com

Depuis 2016, il est également chroniqueur vin.

samedi 1 février 2014

Australie : un nouvel ‘El Dorado’ pour les investisseurs Chinois ?


Article par Louise CURRAN, Toulouse Business School, France & Michael THORPE, Curtin Business School, Perth, Australie

Nous venons de commencer un projet de recherche afin de mieux comprendre l’évolution des investissements chinois dans la filière vin, ainsi que les motivations qui impulsent ces investissements. Pour élucider cette question, nous avons décidé de  comparer deux régions distinctes : celle de l’Oeust de l’Australie (WA) et celle de Bordeaux. En décembre 2013, nous avons conduit la recherche qui porte sur l’Australie ; nous avons interviewé des propriétaires et des gestionnaires de vignobles, des agents immobiliers et le gouvernement locale. L’investissement direct étranger (IDE) et tout particulièrement celui émanant des sujets chinois, est une question assez controversée en Australie. Il y a eu des investissements importants dans le secteur des produits de base et de l’agro-alimentaire, et certains s’inquiètent de l’impact de ceux-ci sur la capacité de l’Australie à gérer ses propres ressources naturelles sur le long terme. En réalité, l’Australie a toujours été dépendant des IDE dans le secteur agricole (Union Européenne, Japon et Canada entre autres). En plus, comme un rapport récent de KPMG l’a souligné, seulement 1% des terres agricoles australiennes sont entre les mains des investisseurs chinois. Les craintes qui portent sur ce thème sont donc certainement exagérées.

La région australienne sur laquelle nous avons fait notre recherche est relativement peu importante en termes de production, mais les vins qui en sont issus sont parmis les meilleurs d’Australie – et tout particulièrement les vins de la région de Margaret River dans le Sud-Ouest de l’Etat. L’investissement Chinois est généralement bienvenu dans la région. Mais, même si il peut-être considéré comme marginal pour le moment, tous nos interlocuteurs prévoient une forte augmentation dans l’avenir, suite à l’intérêt qu’ils portent à la région actuellement.

L’investissement Chinois le plus connu et le plus médiatisé est celui de la société Ferngrove


Il s’agit d’un producteur de taille moyenne d’une superficie de 250ha. L’entreprise représente entre 5 et 7% de la production régionale. Monsieur Ma, un investisseur chinois dont l’entreprise principale est spécialisée dans le secteur de la métallurgie a acquit 88% de l’entreprise. L’investissement a connu un franc succès et a reçu des bons échos dans le media. Nous avons parlé avec le gérant – Anthony Wilkes – qui est aussi actionnaire. Il avait une attitude très positive par rapport à son investisseur, ses motivations et sa volonté d’investir dans l’entreprise : ‘Il faut qu’on arrête de parler des « investissements étrangers » et plutôt parler d’ « investissements ». Celui-ci n’était pas limité seulement au vignoble puisque Mr Ma a aussi créé un système de distribution en Chine avec 60 magasins spécialisés. Même si l’entreprise continue d’approvisionner le marché local, il en est beaucoup moins dépendant qu’avant.

Les bouteilles de vin Ferngrove destinées au marché Australien


Mr Wilkes apprécie tout particulièrement la vision à long terme de son partenaire chinois. Il a aussi indiqué que le fait d’avoir leur propre système de distribution en Chine était de plus en plus avantageux, comme le nombre d’acteurs sur le marché a explosé récemment et qu’il est devenu de plus en plus compétitif et difficile a appréhender.
Une complication est apparue suite à leur entrée sur le marché Chinois : il a été nécessaire d’adapter leurs emballages au marché local. L’objectif marketing pour pénétrer le marché chinois a été de rendre les emballages ‘plus français’. La société a donc changé les étiquettes pour donner une image plus traditionnelle et des machines à bouchon ont dû être installées pour se substituer aux machines à capsules à vis adoptées depuis de nombreuses années sur le marché australien. Mr Wilkes n’était pas gêné de nous parler de son expérience avec son partenaire Chinois. 

Le siège social de la société Ferngrove


Nous avons eu plus du mal à s’entretenir avec les autres entreprises locales qui ont été visées par des investissements chinois. Nous nous sommes entretenus par téléphone avec le gérant chinois d’un autre vignoble – Three Oceans –a cheté suite à la faillite de l’entreprise d’origine Palandri en 2008. Cet investissement semble orienté plutôt vers le marché chinois, mais le gérant nous a indiqué qu’ils exportent aussi en Asie de Sud Ouest et notamment à Singapour et en Thaïlande. Ils n’ont pas monté leur propre système de distribution en Chine, mais vendent par l’intermédiaire d’agents. Un autre vignoble local – Palinda– appartient lui aussi a un investisseur Chinois et semble être  orienté exclusivement vers le marché chinois. Enfin, une grande entreprise chinoise ‘d’agro-business’ – Grand Farms – a acheté le vignoble Amelia Park il y a trois ans et cherche aujourd’hui à augmenter sa présence dans le secteur.

Les motivations des acteurs qui cherchent des investisseurs chinois sont similaires à ceux des acteurs Français dans le secteur. En Australie, la filière vin a été frappée par une mauvaise combinaison d’un dollar fort, une réduction de la demande sur les deux marchés clés, Royaume Uni et Union Européenne, et une surcapacité de production. Beaucoup de vignobles travaillent actuellement à perte. La nécessité de réinvestir semble clair, mais les banques locales sont frileuses. Le secteur est considéré comme trop risqué, a cause de la vulnérabilité au temps, mais aussi parce que sa compétitivité à long terme est menacée par un dollar fort. Dans ce contexte, les capitaux étrangers se présentent clairement comme une option intéressante

Les motivations des investisseurs chinois sur le sol australien sont similaires à celles employées en France, qui sont très bien décrites dans un article récent sur ce blog. S’assurer l’approvisionnement pour le marché chinois, ainsi que son authenticité est un facteur majeur. Le statut social qui provient de l’acquisition d’un vignoble est également perçu comme une motivation essentielle, même si un agent immobilier nous a accordé qu’en Australie ils n’ont pas ‘le facteur ‘Wow!’ qui caractérise l’achat d’une propriété en France bénéficiant d’une architecture haut de gamme et d’une histoire particulière si spécifique aux châteaux français. Un autre objectif cité était la nécessité pour les hommes d’affaires chinois de diversifier leurs intérêts commerciaux, autant en termes de secteurs, qu’en termes géographiques.
Une motivation assez spécifique à l’Australie est un visa spécial pour les investisseurs importants. Ce Visa – Significant Investor Visa - donne un droit de séjour permanent en Australie aux investisseurs de plus de $5 millions. Les agents immobiliers indiquent que ce facteur est jugé comme majeur pour les chinois qui cherchent à s’investir dans les vignobles australiens. Comme l’un d’entre eux nous l’a confié : ‘C’est un élément important. Je dirai jusqu’à 50% de la motivation’. Un autre facteur clé est le prix. Pour un hectare à Margaret River, les prix tournent autour de AUS $50,000 et dans les régions moins prestigieuses, le tarif descend jusqu'à $15,000 australiens. Par rapport aux prix ‘Hollywoodien’ de Bordeaux, les vignobles Australiens semblent donc bon marché.
Notre objectif aujourd’hui est de complémenter le travail fait en Australie avec des recherches similaires dans la région de Bordeaux. A ce titre, nous cherchons des interlocuteurs dans la filière – production et distribution de vin – pour s’entretenir sur l’évolution du secteur en termes des marchés et investissements en général, mais aussi par rapport à la question spécifique de l’investissement chinois et de l’impact que cela pourrait avoir sur le développement du secteur à court et moyen terme. Si vous êtes disposé à nous aider, nous vous prions de nous contacter par mail - l.curran@tbs-education.fr en anglais ou en français.

Louise CURRAN est professeur/chercheur à Toulouse Business School, où elle enseigne le business international. Sa recherche est centrée sur les flux commerciaux et les investissements mondiaux, avec un accent sur l’Union Européenne. Elle est de nationalité irlandaise.

Michael THORPE est professeur ‘emeritus’ et ancien chef du département d’Economie à Curtin Business School à Perth en Australie. Sa recherche est centrée sur le commerce international. A Curtin, il est responsable du ‘MOOC’ Economique (cours ouverts sur internet) économique, qui traite du commerce entre l’Australie et la Chine.


mercredi 29 janvier 2014

The Australian wine sector: the new El Dorado for Chinese investors?



Article by Louise CURRAN, Toulouse Business School, France & Michael THORPE, Curtin Business School, Perth, Australia

We have recently started a joint research project which seeks to better understand the extent of Chinese investment in the wine sector, as well as the motivations for that investment and its impact. We approach the question through a comparison of the situation in Western Australia (WA) and Bordeaux. In December, we undertook the Australian part of the research, speaking to winery owners and managers, real estate agents and local government in the WA region. Foreign Direct Investment (FDI), particularly from China, is a political issue in Australia. There have been quite extensive investments in the raw materials and agribusiness sector which have led to some concerns about negative impacts on Australia’s long term potential to control its natural resources. In fact Australia has a historical reliance on foreign investment in agriculture (including from UK, US, Japan and Canada). In addition, as highlighted in a recent report by KPMG, only 1% of Australian agricultural land is Chinese owned. Thus fears are certainly exaggerated.

The region in which our research was focused is a relatively small one in terms of output, but provides some of Australia’s best premium wines – especially in the Margaret River region in the South West of the state. Chinese investment was generally welcomed in the region. Although it is so far limited to a few vineyards, all actors we spoke to expected a big increase in the near future, as three has been an increase in interest in recent months.

The most well-known and high profile of the existing investments, is in Ferngrove



A medium sized producer of 250ha the company represents between 5-7% of the state’s output. A Chinese investor - Mr Ma, whose main business is in the metal sector – now owns 88% of the company. The investment has been very successful and has received positive reports in the media




We spoke to the Managing Director – Anthony Wilkes – who is also a shareholder. He was very positive about the motivation and willingness to invest of his Chinese partner : ‘ We need to stop talking about ‘foreign’ investment and just talk about investment’. Investment in Ferngrove did not stop at the winery, but includes 60 dedicated shops in China. Although the company continues to sell in Australia, they are now much less dependent on the home market. 

Mr Wilkes was particularly appreciative of the ‘generational view’ taken by Mr Ma, in terms of his long term perspective. He also underlined that having their own distribution system is becoming more advantageous, as the number of actors in China expands and the system becomes more competitive and difficult to navigate. 


 Ferngrove's Bottles for the Australia Market



One complication related to their entry into the Chinese market, has been the need to adapt their labels and bottling techniques. They had to redesign the label to be more ‘traditional’ and install corking machines, where they have always used screwtops for the home market. The effect is to make their wines look more French.


Although Mr Wilkes was very happy to discuss his experience of partnership with a Chinese investor, others were less so. We spoke over the phone with the Chinese manager of another winery – Three Oceans – which has been in Chinese hands since the original company Palandri, went bankrupt in 2008. Their investment is mainly oriented towards the Chinese market, although he indicated that they also export to other Asian countries, including Singapore and Thailand. They don’t have their own distribution system, but sell through agents. Another local winery – Palinda – is now owned by a Chinese investor and seems to be completely oriented towards the Chinese market. Finally a large Chinese food company – Grand Farms –bought the Amelia Park winery three years ago and is looking to expand its investment into other vineyards.



The motivations for seeking Chinese FDI are similar to those in France and reflect the difficulties of the sector. The Australian wine sector has been hit by ‘a perfect storm’ of a high dollar, falling demand in the two key markets of the UK and the US and overcapacity. Many vineyards are losing money. The need to reorient their market and reinvest is evident, but the local banking system sees the sector as too risky – in terms of vulnerability to the weather and the sectors falling global competitiveness due to the high dollar. In this context, the potential to access foreign capital is clearly motivating for many in the sector.

The motivations for Chinese investors are similar to those found in France, well summarized in a recent article on this blog. Securing supply for the home market, as well as ensuring the authenticity of that supply are key issues. The status symbol of owning a vineyard was also mentioned, although as one estate agent put it ‘We don’t have the ‘wow’ factor that France has’, either in terms of architecture, or in terms of global renown. Diversifying interests, including through investing outside of China, was also mentioned. One motivating factor specific to Australia, is a special visa system for investors above a certain threshold. This ‘Significant Investor Visa’ provides a route into permanent residency in Australia for investors over $5m. Real estate agents in the region reported increasing interest in buying wineries in Australia as a result of this initiative. One commented: ‘ Its a big component. I’d go so far as to say its 50% of the interest.’ Another factor is price. The price per hectare in WA is about $50,000 a hectare in the Margaret River region, although it can be as low as $15,000 in other, less prestigious, regions. Compared to the ‘Hollywood prices in Bordeaux’, WA vineyards look cheap.

Our objective now is to supplement our work in Australia with similar research in Bordeaux, We are therefore looking for actors within the wine industry – production and distribution - to discuss the evolution of the sector in terms of markets and investment, but also the specific issue of Chinese investment and its likely impact on the short and long term evolution of the region’s vineyards. If you are willing to help us in our work, please contact l.curran@tbs-education.fr in English or French.

The Authors:


Louise CURRAN is a lecturer and researcher in Toulouse Business School. She teaches International Business and her research focuses on international trade and investment flows, with a focus on the EU. She is an Irish national.

Michael THORPE is an adjunct professor and former Head of the Economics Department in Curtin Business School in Perth, Australia. His main research interests are in International Trade. In Curtin he is responsible for a MOOC (Massive On-line Open Course) on Australia China Trade.



dimanche 29 septembre 2013

CHINE : Le Yuan Renminbi par Loïc Le Roy


 Les taux de change peuvent jouer un rôle important dans les ventes de vins à l’exportation. Par exemple, en 2008, la valeur de l’euro a atteint des sommets face au dollar US et à la Livre Sterling. Résultat direct de cette évolution des taux de change, les acheteurs américains ont fortement diminué leurs achats sur le marché européen. Une autre conséquence est apparue sur le marché Nord Américain : tirant profit de cette situation, les vins australiens ont donc eu un avantage compétitif vers les Etats-Unis, avec un dollar valant 30% moins cher que l’euro. Dans une démarche similaire, les acheteurs britanniques se sont positionnés sur des vins hors de la zone euro.

La Chine a connue quant à elle de grands bouleversements au cours des dernières décennies. De 1978 à 1989, le gouvernement chinois a réformé en profondeur l’économie du pays, la faisant passer d’une « économie planifiée » de type soviétique à un « socialisme de marché » qui l’a transformé en « atelier du monde ». A partir de 1992, l'Empire du Milieu est entré dans une nouvelle ère de libéralisation économique.




Devant l’importance grandissante de la Chine dans le commerce mondial, la réglementation en matière d’opérations de change se sont assouplies. Jusqu’en 2008, les achats et les ventes de biens et services suivaient en général un circuit financier assez complexe : l’acheteur d’un produit chinois devait transformer sa monnaie d’origine en dollar US, nécessitant une commission de change ; puis il s’agissait ensuite de changer les dollars US en Yuan avec une nouvelle commission de change à régler.

En décembre 2008, les autorités chinoises ont décidé de permettre, à une échelle d’abord modeste, les règlements d’opérations commerciales en Yuan Renminbi (RMB) dans les régions limitrophes de la Chine  Continentale (Hong-Kong, Macao et pays appartenant à l’ASEAN).

Depuis, la réglementation a évoluée en permanence et l’utilisation du Yuan Renminbi a été élargie. Il est possible aujourd’hui de l’utiliser dans le cadre :

Des flux commerciaux en provenance et à destination de l’ensemble du territoire chinois vers tous les pays du monde dès qu’il s’agit d’opérations commerciales
Des opérations sur le marché des changes
Des flux non commerciaux pour les investissements et les opérations sur les marchés des capitaux

Dans cette nouvelle configuration, une seule opération de change est nécessaire de la monnaie d’origine au Yuan Renminbi ou inversement.
Prenons l’exmple d’un négociant français qui vend son vin en Chine. Il va se rapprocher de sa banque qui va se mettre en relation avec un établissement partenaire situé sur l’un des territoire limitrophe de la Chine. La transaction est directe entre le Yuan et l’Euro

Les opérations commerciales peuvent être documentées sous forme de
- Factures
- Crédits documentaires : engagement d’une banque de payer un montant défini au fournisseur d’une marchandise ou d’un service, contre la remise dans un délai déterminé, de documents prouvant que la marchandise a été expédiée ou que les prestations ou services ont été effectués
- Remises documentaires : la banque du vendeur recueille les sommes dues contre remise de documents (factures, chèques, billets à ordre
- Accord d’open account (nommé aussi open credit) :  la facture accompagnant les biens livrés précise le délai de règlement accordé à l’acheteur
- Garanties ( bid bonds, performance bonds)
- SBLC (Stand By Letter of Credit)

En Chine Continentale la banque du client chinois est chargée de procéder aux vérifications réglementaires relatives à la réalité de l’opération commerciale.


Biographie de l’auteur :
Loïc Le Roy est bordelais. Il réside à Montréal au Canada depuis 2016. 
Après avoir suivi des études en marketing, techniques de commercialisation et exportation à Bordeaux, il a travaillé une dizaine d’années en tant que responsable des ventes pour un groupe agro-alimentaire international, diffusant une large gamme de produits  destinés aux enseignes de la Grande Distribution. En 1989, Loïc s’oriente vers le coaching en performance auprès de capitaines d’industrie en Asie. A partir de 1994,  par le biais de dirigeants d’entreprises, il met en place des formations spécifiques en préparation psychologique destinées aux athlètes de haut niveau. Son attrait pour la performance humaine l’a amené à présenter en 2008 une thèse en Sciences du Sport à l’Université de Bordeaux intitulée : « La préparation psychologique du sportif : l’esprit et la performance du Moyen Age à nos jours ».
Dès 1999, enseigne dans plusieurs écoles de commerce le management des unités commerciales, la communication et le marketing du vin. 
Depuis avril 2012, il publie des articles sur son blog Mémoires de Vins
En 2014, il s'est spécialisé en "psychologie de la dégustation des vins et spiritueux" ; l'objectif étant d'aider les participants à mieux comprendre, appréhender et gérer les processus perceptifs et émotionnels à l'oeuvre au cours des dégustations. 

Il conçoit et édite des programmes axés sur la performance humaine qui sont accessibles sur son site loicleroyonline.com

Depuis 2016, il est également chroniqueur vin.

mardi 24 septembre 2013

Asie : Liste des propriétés viticoles acquises par des investisseurs asiatiques depuis 1997 par Loïc Le Roy

Selon la Société d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural (SAFER) en 2011, 35 propriétés viticoles ont été vendues dans la région Bordelaise, dont 60% à des acheteurs asiatiques. En 2012, ceux sont 37 domaines qui ont changés de propriétaires dont 62% au bénéfice d'acheteurs asiatiques. 

La liste qui suit fait état des acquisitions en bordelais ainsi que dans d'autres appellations françaises et étrangères.  La totalité des investissements en vignobles réalisés par des sujets asiatiques représenterait selon la presse quotidienne environ une centaine de domaines et 1% des surfaces viticoles*. Certaines propriétés ne sont donc pas listées car les différentes sources consultées (presse française et étrangère ; vendeurs potentiels, etc.) n'en ont pas fait état. Cette liste n'en demeure pas moins assez exhaustive et elle est mise à jour régulièrement.

Liste des acquisitions de domaines viticoles par des investisseurs originaires d'Asie.


1997 / 1 acquisition

- Le château Haut Brisson, 13 ha de vignes en A.O.C Saint Emilion Grand Cru, racheté par Peter Kwok, homme d’affaire d’origine taiwanaise avec sa fille Elaine, 32 ans. En 2010, le domaine a acquis trois hectares supplémentaires portant le total du vignoble à 16 hectares

2008  / 1 acquisition
- Le château Latour-Laguens, 60 ha en A.O.C. Bordeaux, racheté par Haiyan Cheng, fille de l’importateur de vins Longhai International Trading Co. Le prix de la propriété a été estimé à environ 2,7 millions d'€

2009 / 3 acquisitions
- Le château Richelieu, 14 ha à Fronsac, vendu à An Yinghui de la Hong Kong A & A International.
- Le château Vieux Brondeau, 6 hectares en A.O.C Bordeaux à Sainte Terre, acheté par Zheijiang CY Industrial group.
- Le château Lezongars, propriété de 45 hectares vendue par les britanniques Philip et Sarah Iles au groupe Dashan, propriétaire de magasins et de supermarchés. Le montant de l'acquisition aurait été de 4.2 Millions € selon le magazine Decanter. Le domaine produit environ 150.000 bouteilles par an.


Château Lezongars


2010 / 1 acquisition
- Le château Chenu Lafitte, 40 ha situé sur l'A.O.C Côtes de Bourg, acquit par Naijie Qu pour une somme estimée à 10 millions d’€. La propriété d'environ 40 hectares produit 250.000 bouteilles par an.

2011 / 14 acquisitions

- Le château La Roche-Pressac 6 hectares à Saint Magne de Castillon, AOC Côtes de Castillon, a été racheté par la société Skyvast Properties, basée à Hong Kong
- Le château de Viaud, 21 hectares en Lalande de Pomerol, vendu par Philippe Raoux - propriétaire par ailleurs du Château d’Arsac – au groupe COFCO (société agro-alimentaire détenue par l’Etat Chinois et partenaire du groupe Castel) pour une somme estimée à 10 millions d’euros.
- Le château Tour Saint-Christophe, domaine de 17 hectares situés à Saint Emilion été vendu par le Groupe Castel. Il appartient désormais à Peter Kwok en partenariat avec sa fille Karen, âgée de 27 ans.
- Le château Barateau, 24 hectares à Saint Laurent Médoc, A.O.C Haut Médoc, a été acheté par Changyn Li / Marvelke Wine Group
- Le château de la Salle, 25 hectares en Côte de Blaye, racheté par la société Zhingai Real Estate, promoteur immobilier. Cette vente a été contestée par chacune des deux parties - le vendeur et l’acheteur (janvier 2011)
- Le château Lagarosse, 32 hectares à Tabanac - Entre Deux Mers - vendu par Adams French Vineyards à l’investisseur chinois Steve Loo Chung-Keung de Carlico International - Hong-Kong - importateur de nourritures et de boissons (Février 2011)
- Le château Monlot, 7 hectares en AOC Saint Emilion racheté par la célèbre actrice chinoise Zhao Wei (Décembre 2011)
- Le château Roques Rouge à l’origine une partie du Château Lezongars a été inclus dans la transaction précédente
- Le château La Bourguette 19 hectares à Saint Philippe du Seignal près de Sainte Foy-la-Grande, a été acheté par Beverly Koo basé à Hong-Kong.

- Le milliardaire Naijie Qu président de Haichang Group spécialisé dans l’acheminement du pétrole a fait l’acquisition en 2011 de quatre propriétés dans le Bordelais dont : 
  
. Le château Grand Branet à Capian, 2.8 ha en A.O.C Bordeaux vendu par la famille Mainvielle

. Le château Laurette, 42 hectares à Sainte Croix du Mont

. Le château Thebot, 12,5 hectares à Saint André et Appelles, A.O.C Bordeaux, près de Sainte Foy La Grande (33).

. Le château Branda, 75 hectares à Cadillac en Fronsadais vendu par la famille Lesgourges.

Château Laulan-Ducos, crus bourgeois du Médoc, 22 hectares situés à Jau-Dignac, vendu à Richard Shen propriétaire des magasins de joaillerie Tesiro (Voir les articles correspondants sur ce même blog) 

2012 / 17 acquisitions en Bordelais + 1 négociant Bordelais + 1 domaine en Bourgogne + 1 Côtes du Rhône + 1 maison de  cognac

- Le château Grand Moueÿs, 58 ha de vignes situées à Capian en Côtes de Bordeaux a été racheté par Jin Shan Zhang, fondateur de la société NingXia Company (1966) qui emploie aujourd’hui 1200 personnes dans ses agences de voyages, restaurants et imprimeries. Le domaine qui couvre au total 170 ha en comprenant les bois et forêts a été vendu par la famille d'origine allemande, les Bömers. La propriété était à la vente depuis 4 ans au moment du rachat. (Février 2012)




Monsieur Zhang devant le château Grand Moueÿs (Photo Quentin Salinier)

- Le château La Patache, domaine de 3,18 ha en Pomerol est acquis par Peter Kwok avec son fils âgé de 24 ans Howard.

- Le château Pey-Berland, 1ha à Moulis acheté par Monsieur Fu Hao. La propriété est dotée d'une activité hôtelière avec 8 chambres et d'un hectare de vignes produisant environ 5.000 bouteilles par an.

- Le château Lucas, 12,5 hectares en A.O.C Côtes de Castillon, appartenant à la famille corrézienne Deshors est vendu à l'architecte Wencheng Li (propriétaire par ailleurs de La Dominante à Saint Denis de Pile et de La Fleur Jonquet, A.O.C Graves, à Arbanats).

- Château La Dominante, 18 hectares à Saint Denis-de-Pile en appellation Bordeaux a été achetée par l'architecte Wencheng Li, également propriétaire du Château Lucas et plus récemment - en 2013 - du château Lafleur Jonquet

- Le château La Mouleyre, Saint Emilion Grand Cru, aurait été acquis, selon Decanter, par des investisseurs chinois pour une somme d'environ 3,5 millions €.

- Le château Quercy, 6,5 hectares, Saint Emilion Grand Cru, propriété des époux Apelbaum depuis 1988, aurait été vendue pour la somme de 5 millions € à Chen Li. 

- Le château Bernadotte, Cru Bourgeois du Médoc, 40 hectares propriété du groupe Champagne Roederer a été cédé au groupe de distribution King Power (Hong-Kong). La transaction se serait effectuée sur une base d'environ 10 millions € selon Decanter.

- Le château Bertranon 12 hectares à Loupiac vendu à Meng Gao

- Le château Listran, 28 ha d'un Cru bourgeois de Jau-Dignac-et-Loirac a été mis en vente par Arnaud Crété, 56 ans et sans héritier. L'achat a été effectué par Madame Tianna Cheng, à la tête du groupe minéralié et immobilier Tianna qui emploi 6.700 personnes. La marque Listran ayant été déjà déposée en Chine par des personnes indélicates, la propriétaire a décidé de changer de nom et d'utiliser l'ancien nom du domaine "Château L'Estran". Le millésime 2010 est commercialisé sous cet ancien patronyme

- Le château Lafon, 12 hectares à Listrac, acquis par Changyn Li / Marvelake Wine Group.

- Le château de Cugat, 53 hectares à Blasimon en Entre deux-Mers, vendu à Lushang Group - Gaole Wine Co. (Shandong).

- Le château Bellefont Belcier, 13,5 ha sur Saint Emilion a été acquis par Monsieur Wang, 45 ans, chef d'industrie dans la métallurgie qui se trouve à la tête de 20.000 employés. La société de distribution de vin créée de Mr Wang se nomme Juxin Wines & Spirits. Avec cet achat il s'agit très certainement d'une l'acquisition prestigieuse en terre bordelaise. Le montant de l'achat s'élèverait à environ 30 millions €.




















Château Dallau, 30 hectares en AOC Bordeaux acheté par le groupe Moutai/ China Kweichow Distillery.

Château Bel Air, 40 hectares en AOC Bordeaux vendu par Philippe Moysson à Zhi Gen Lai, un riche industriel de Shangaï.

Château Blanchet, 12 hectares en AOC Bordeaux, cédé à Vast Fortune Limited.



1 négociant bordelais

Diva Bordeaux maison indépendante spécialisée dans les grands crus a cédé 70% de son capital à Bright Food, géant chinois de l’agro-alimentaire. Cet investissment est réalisée par l’entrée de Shangai Sugar Cigarette and Wine (SSCW), une filiale de Bright Food, au capital du négociant bordelais. Diva réalise 33 millions d’€ de chiffre d’affaires dont 92% à l’export dont la moitié en Chine.

+ 1 en Côtes du Rhône


- Le Domaine de Bouche, 24 hectares de vigne à Camaret-sur-Aigues en Côtes du Rhône, a été vendu par Dominique Bouche, 57 ans, pour un montant non dévoilé à Champ Dong Creations Industries, société basée à Shangaï et à Paris. Dominique Bouche reste gestionnaire du domaine et espère avec cet apport de capitaux rénover la propriété. La production est comprise entre 120.00 et 150.000 bouteilles chaque année. 70% est distribuée à l'export sous les appellations Châteauneuf-du-Pape, Côtes du Rhône villages et vin de pays.


+ Cognac
La société Hong Kong Cartak a racheté Menuet, une toute petite marque de cognac créée en 1860  qui était tombée en désuétude.

+  Château Gevrey-Chambertin en Bourgogne a été acquis par Ng Chi Sing Louis, siégeant au conseil d’administration de la SJM Holding Limited propriétaire de casinos et d’officines de jeu à Macao. Son offre de 8 millions d’€ a été préférée à celle de 5 millions d’€ proposée par un groupe de viticulteurs bourguignons emmené par le président du syndicat des vignerons de Gevrey Chambertin, Michel Guillon**.

2013 / 38 acquisitions + 1 en Bergerac + 1 en cognac

- Le château L’Enclos, 24 hectares situés à Sainte Foy la Grande a été acheté par Monsieur Naijie Qu, propriétaire du groupe Haichang

- Le château de Pic situé au Tourne en Entre-deux-Mers, une propriété de 44 ha a été vendue à Monsieur Wu Shou Rui, 33 ans, distributeur de l’alcool blanc Baijiu en Chine. Mr Wu a mis en place un manager chinois qui est employé à plein temps sur le domaine.

- Le château Lugagnac 61 hectares à Pellegrue, a été racheté par un groupe chinois. 

- Le château Lafleur Jonquet, 9 hectares de vignes dont 7,5 ha en rouge et 1,5 ha en blanc sur l’appellation des Graves a trouvé acquéreur en la personne de l’architecte chinois Wencheng Li (avril 2013). La propriété créée en 1986 par Laurence Lataste produit 50.000 bouteilles en rouge et 10.000 bouteilles en blanc. Madame Lataste a déclaré au quotidien Sud-Ouest qu'elle s'était décidée à vendre le domaine car aucun de ses trois enfants ne voulait prendre sa suite. Environ 75% de la production est vendue à l'exportation. Wencheng Li est propriétaire également du château Lucas à Castillon La Bataille et de La Dominante à Saint Denis de Pile.

- Le château Patarabet, un domaine de 9 ha à Saint Emilion, propriété de la famille Gombeau-Bordas depuis 1920 a été acheté par un investisseur originaire de Singapour.

- Le château Loudenne, domaine de 132 ha dont 56 ha de vignes classé en Cru Classé Médoc situé à Saint-Yzans-de-Médoc, vendu par la famille Lafragette au groupe Moutaï premier groupe de spiritueux en Chine (4,4 milliards d'€ de chiffre d'affaire). Estimation de l'acquisition : 20 millions d'€. Le groupe Moutai prévoit la transformation des chambres d'hôtes en une structure luxueuse comprenant 22 chambres et 14 petits chalets. En juin 2013, le groupe acquéreur annonçait qu'il injecterait 5 millions € afin d'améliorer l'outil de production (mars 2013). 
Un conflit a opposé trois salariés d'origine chinoise à leur patron chinois pour non-respect du code du travail (Sud-Ouest mardi 2 juin 2015). Les salariés chinois qui bénéficiaient d'un visa d'étudiant étaient employés comme chauffeur, cuisinière et femme de chambre. Leurs contrats de travail en CDD ayant expirés, ils continuaient à travailler au château. Après l'échec d'une médiation, les salariés ont demandé à Aurélie Teixeira, défenseur syndical de la CGT, de plaider leurs causes. Le délibéré du Conseil des Prud'hommes sera rendu le 3 septembre 2015.

- Le château Plain Point, 55 hectares sur la commune de Saint Aignan, A.O.C Fronsac, vendu par Michel Aroldi à l'artiste chinoise Zaho Wei, déjà propriétaire du Château Monlot à Saint Emilion (Avril 2013). Un article du quotidien Sud-Ouest publié le 7 octobre 2014 intitulé "Serge Ley récolte Chinois" par le journaliste César Compadre attribue le château Plain Point à Yuzhu Shi, 32ème fortune chinoise.

- Le château La Commanderie, 6 ha en A.O.C Pomerol, propriété de la famille Dé, vendue à la suite de problèmes de succession à un Mr et Mme Kuk, un jeune couple d’agents immobiliers de Hongkong à la tête de la société Grace Star Development. Le domaine produit environ 25.000 bouteilles par an. Quant à la transaction, elle a été évaluée à 8 millions € par Decanter (22 mai 2013)

- Trois châteaux appartenant à la famille Rolland ont été vendus au groupe d’investissement hongkongais Goldin Financial Holdings Limited dirigé par Pan Sutong. La valeur de la transaction des trois vignobles a été estimée par la presse française à 15 millions d’€. Pan Sutong, président de Goldin Financial Limited est déjà propriétaire de Sloan Estate, un domaine renomné de la Napa Valley en Californie  dont Michel Rolland est l'oenologue conseil. (Juin 2013)
       . Château Bon-Pasteur – 6,62 ha en Pomerol
       . Château Rolland-Maillet - 3,35 ha en Saint Emilion 
       . Château Bertineau-Saint-Vincent – 5,5 ha en Lalande de Pomerol. 

Château Le Bon Pasteur à Pomerol



- Le Château Moulin à Vent, domaine de 40 hectares dont 25 ha de vignes en A.O.C Moulis a été vendu par Dominique Hessel, ancien président du syndicat des crus bourgeois du médoc aux frères Yi Zhu et Hongtao Yu. Propriétaire d'un groupe pharmaceutique, les Yu ont développé un réseau de distribution de vins nommé Viméa (juillet 2013). En 2014 Viméa contrôlait 300 hectares de vignes répartis sur 7 châteaux pour une production d'environ 2 millions de bouteilles (Source : article "La Chine vient au bio" par Pierre Lascourrèges, Quotidien Sud-Ouest, 08.10.2014).

La famille Yu s'est également portée acquéreur des :

- Château Vieux Coutelin, propriété de 10 hectares en AOC Saint Estèphe. 

- Château Bourdicotte, 105 hectares en AOC Bordeaux supérieur à Cazaugitat - 33790. Le château a reçu la certification Bio en 2014 (Source : article "La Chine vient au bio" par Pierre Lascourrèges, Quotidien Sud-Ouest, 08.10.2014)

- Château Grand Ferrand, situé sur la commune de Sauveterre de Guyenne, 82 hectares en AOC Bordeaux Supérieur, dont 63 ha plantés en rouge et 19 ha en blanc. Grand Ferrand est certifié en agriculture raisonnée depuis 2004. Les deux frères Yu, dont l’un est de nationalité chinoise et l’autre de nationalité canadienne, ont créé le groupe Bordeaux Viméa afin de gérer leurs nouvelles acquisitions. 

- Le château Millaud Montlabert, 3,5 ha à Saint Emilion a été vendu à Naijie Qu, Haichang Group.

- Le château Jonqueyres, 35 hectares à Saint Germain du Puch en AOC Bordeaux a été acheté par Monsieur Naijie Qu, Haichang Group.

- Le château Haute Rive, 55 hectares à Saint Germain d'Esteuil, AOC Médoc a été acheté par Monsieur Naijie Qu, Haichang Group basé dans la région de Dalian.

- Le château Grand Jour, 80 hectares en AOC Bordeaux et Bordeaux supérieur, est devenu la propriété de ce même Monsieur Qu, tout comme les domaines suivants :

Le château du Cayres 10 hectares à Yvrac, Cadillac Côtes de Bordeaux, propriété vendue par la famille Cantillac.

Le château Chabiran, 13 hectares à Galgon, AOC Bordeaux

Le château Fantin, 14 hectares, propriété de la famille Chatellier, AOC Bordeaux


Le château La Forêt, à Pellegrue vendu par la famille Dupuch.

Le château La Gatte 13 hectares à Saint André de Cubzac en AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur


Le château Peyronnin, 6,5 hectares à Rions


Le château Sogeant à Saint Caprais de Bordeaux, dédié aux événements réceptifs : séminaires, mariages.


Le château Soussac, 4 hectares plantés en 2003 à Soussac


Le château Tillède à Arveyres, AOC Graves de Vayres


Le château Villepreux, à Beychac et Caillau

Le château La Maronne 30 hectares à Mauriac

Le château Mylor, à Grézillac, 44 hectares de vignes en AOC Bordeaux et Entre-deux-Mers propriété de Michel et Alain Large vendu en décembre 2013 à Edwin Cheung, de ITC Properties Group Limited basé à Hong-Kong. L’acquéreur, diplômé d’une école Londonienne a développé ses affaires dans l’immobilier, les finances et les loisirs. La transaction a été menée par le cabinet Maxwell-Storrie-Baynes. La propriété sera gérée par Optimum Vineyards fondée par Stéphane Apelbaum en 2013. Les vins seront commercialisés sous l’étiquette 'Mylord' en Europe et 'Milord' - vocable à la connotation moins british - en Chine.

Le château Le Tourte, 8 hectares de vignes en AOC Graves produisant environ 50.000 bouteilles diffusées en France entre 8 et 15€ vendu par Hubert Arnaud, 65 ans. L’acheteur est un amateur averti, Wen Da Chen, importateur de vins à Pékin.

Le château Trianon, 10 hectares à Saint Emilion est passé sous le contrôle de Monsieur An qui a fait fortune dans l’industrie minière en Chine. Les vins du château Trianon se négocient entre 22 et 25€ la bouteille.

Le domaine Andron à Saint Seurin de Cadourne, 7 hectares en AOC Haut Médoc, acquit par Monsieur Yang qui a fait fortune dans le commerce des légumes en Chine et possède une entreprise de production de concombres aux Pays Bas.

- Le château de la Rivière à Fronsac : le vendredi 20 décembre 2013 Liu Xiangyun Kok, achète à James Grégoire, propriétaire du domaine depuis 2003, l'ensemble des bâtiments, des 15 kilomètres de cave et des 65 hectares de vigne pour environ 30 Millions d'euros. Le milliardaire chinois, 46 ans, à la tête du groupe Brilliant, exploitant de plantations de thé dans la région du Yunnan en Chine et d'une dizaine de complexes hôteliers de luxe envisage de créer un ensemble hôtelier haut de gamme sur la propriété.

"La malédiction du Château de la Rivière"  
Après avoir signé les papiers de la vente le matin et présenté à la vingtaine d'employés du château et à leurs familles leur nouveau propriétaire Lam Kok, sa femme Liu Kok et son fils Shun Yu âgé de 12 ans, James Grégoire décida de faire visiter à ses hôtes le domaine en hélicoptère. Madame Kok ayant refusé de monter dans l'aéropage par crainte, laissa sa place au traducteur de son mari, le directeur de Brilliant, Peng Wang (Professeur de chinois à L'INSEEC Bordeaux).  Quelques minutes plus tard, l'hélicoptère s'écrasait dans la rivière Dordogne que domine le château. Le crash de l'appareil qui a fait 4 morts a ravivé le souvenir d'un autre drame : le décès de Jean Leprince, ex propriétaire du même domaine , tué en 2002 dans l'accident de son avion privé avec son pilote et son co-pilote. Très croyante, Liu Kok organisa le mardi 24 décembre une cérémonie en présence d'une vingtaine de vénérables maîtres bouddhistes. Depuis, Lui Kok n'est pas revenue sur le domaine et celui-ci serait en vente.

Le château Malrome 40 hectares en AOC Bordeaux a été acquis par Kim Huying de Digital Crown Holdings Limited

Le château Marac, 18 hectares en AOC Bordeaux a été vendu à un citoyen chinois.

Le Château Perrin d’Hoge propriété en AOC Bordeaux a été vendu au Huiyuan Group Holdings spécialisé dans les jus de fruits frais

Entre 2010 et 2014, Naijie Qu, 52 ans, avait acquis 23 domaines viticoles dans la région Bordelaise. 
Fin, la cour des comptes de Pekin a fait état de 314 cas suspectés de "violations majeures de la loi et de la discipline" - formule qui inclus les faits de corruption - impliquant plus de 1.100 personnes et faisant désormais l'objet d'enquêtes approfondies. Deux entreprises basées à Daillan dans le Nord-Est du pays, qui ont bénéficié de 268 millions de Yuans (32 millions d'euros) de fonds publics pour acquérir des technologies étrangères, dont Haichang Group, le conglomérat de Mr Qu employant 10.000 personnes sont soupçonnées d'avoir détourné ces fonds publics pour financer l'achat de ces châteaux Bordelais. Affaire à suivre...


+ Cognac
Le groupe Chinois Changyu s'est offert Roullet-Fransac, maison de cognac créée en 1838 au chiffre d'affaires modeste (1,5 millions €). Les ressources de Changyu sont très importantes. Le groupe possède 20.000 hectares de vignes en Chine. Il commercialise 240 millions de bouteilles de vin.

+ Bergerac

Le Château La Salagre à Pomport, 47 hectares dont 30 de vignes en AOC Bergerac, propriété des frères You du groupe Viméa.

2014 - 11 acquisitions + 1 en Bourgogne


Le château La Baronnie à Cézac, AOC Blaye - Côtes de Bordeaux, domaine de 20ha dont 13 ha de vignes a été acheté en septembre 2014 par le groupe Hongkongais Samtak Investment. Le couple franco-suisse Margaretha et Roger Langenskiöl Batard avait rénové le manoir du XIXè siècle en 2002 et gérait en plus de l'exploitation viticole quatre chambres d'hêtes avec un espace piscine. Le vignoble produit des vins rouge (encépagement merlot, cabernet sauvignon, cabernet franc et malbec) et des vins blancs (sauvignon blanc et sauvignon gris). La gestion du vignoble a été confiée à la famille Bantegnies du château Bertinerie à Cubnezais via un bail en fermage de 9 ans. Les acheteurs envisagent des travaux de restauration du vignoble et des chambres d'hôtes ainsi que la création d'un hébergement haut de gamme avec salle de séminaire pour le tourisme d'affaires. Afin de développer la partie oenotouristique le groupe a nommé Jiang Rui, une étudiante qui vient de terminer ses études à Paris (Source : Quotidien Sud-Ouest, 22.09.2014)


Le château La Fontaine, vinifié à la coopérative de Lugon a été acheté par le milliardaire chinois Yuzhu Shi, 52 ans, qui a fait fortune dans les jeux vidéos et internet (Source : Quotidien Sud-Ouest, 07.10.2014)


Le château Chadenne, propriété de 15 ha à Fronsac, a été repris par le milliardaire chinois Yuzhu Shi. Le domaine appartenait à la famille du cinéaste Max Linder jusqu'en 1999, date à laquelle Philippe et Véronique Jean l'avaient racheté. Ces derniers l'on revendu à Mr Shi. (Source : article "Serge Ley récolte Chinois" par César Compadre, Quotidien Sud-Ouest, 07.10.2014)


Le château Moulin des Tonnelles, domaine de 13 ha à Saint Aignan, appellation Fronsac a été vendu par la famille Artiguevieille au milliardaire chinois Yuzhu Shi (Source : article "Serge Ley récolte Chinois" par César Compadre, Quotidien Sud-Ouest, 07.10.2014)


Le château Puy Guilhem, appellation Fronsac et Canon Fronsac, propriété de la famille Enixon depuis 1995 a été cédé en 2014 à un certain Mr Li. (Source : article "Serge Ley récolte Chinois" par César Compadre, Quotidien Sud-Ouest, 07.10.2014). Le château a été construit au XVIIIème siècle. 


Le château Mayne Blanc, 17 hectares sur l'appellation Lussac Saint Emilion, a été acquis par ce même Mr Li (Source : article "Serge Ley récolte Chinois" par César Compadre, Quotidien Sud-Ouest, 07.10.2014)


Le château Rochers Bellevue, 20 hectares en Côtes de Castillon, a été racheté par le groupe Viméa dirigé par les frères Yi Zhu et Hongrao You.


Le château Grillon, 9 hectares en appellation Sauternes, est désormais la propriété des deux frères You, dirigeants du groupe Viméa.


Le château Preuillac, un Cru Bourgeois du médoc comprenant 30 ha de vigne vendu par la famille Mau à un discret acheteur asiatique. Le domaine produit en moyenne 120.000 bouteilles de premier vin (13 à 15€) et 30.000 bouteilles (8€) de second vin. Jean-christophe Mau confiait au journaliste que « cette vente était une opportunité… à cause de la coulure er de la grêle » ayant frappé le vignoble en 2013 et 2014 (Sud-ouest du 27 décembre 2014, p10)

Le château Birot, 25 ha en propre et 12 ha en fermage situés à Beguey près de Cadillac - AOC Cotes de Bordeaux - a été cédé par la famille Fournier-Castéja à Chen Miaolin / New Century Tourism Group (160 hôtels, 22.000 employés) basé à Hangzhou près de Shanghai. Le domaine produit des vins rouges, rosés, blanc sec et liquoreux. Arthur Fournier, directeur de la propriété depuis 2010 est destiné à rester en poste. (Sud-ouest du 27 décembre 2014, p10)


Chateau Birot à Beguey - Cadillac

Le château Renon, 8 ha à Tabanac en appellation Cadillac-Côtes-de-Bordeaux a été racheté par James Zhou, un entrepreneur de 54 ans, qui dirige une entreprise d'emballage côtée à Shenzen. La bâtisse du XVII° siècle et le vignoble a été vendu par la famille Belliard fin décembre 2014

Bourgogne…
En 2014, les chinois sont devenus d'importants acquéreurs de vins de Bourgogne lors des ventes de vins des Hospices de Beaune. 17 pièces sur 443 mises en vente ont été adjugées à la compagnie Air China avec pour objectif de créer une cave prestigieuse destinée aux passagers de Première Classe sur les vols internationaux. La très convoitée "Pièce du Président" est, quant à elle, revenue à une femme d'affaires chinoise.


2015 - 1 acquisitions + 1 en côtes du Rhône + 1 en Corbières

Le château Tourans, propriété de l'investisseur néerlandais Peter Volter, comprenant 12 hectares classés en Saint Emilion Grand Cru, a été acquis par Peter Kwok en septembre 2015. Il s'agit de son 6 ème investissement viticole en terre bordelaise, tous situés sur la rive droite. (Source : Jane Anson, ''Peter Kwok expands his St Emilion holdings'' - Decanter, 2 novembre 2015)

Côtes du Rhône Villages

Le Domaine des Pialons, 20 hectares de vignes à Séguret avec un potentiel de 100.000 bouteilles par an a été acheté dans le cadre d'une joint venture entre Jack Zhang, importateur chinois de Shangaï et la maison de négoce Héraultaise "Clovis Wines" spécialisée dans la commercialisation des vins du Sud sur les marchés asiatiques. Le projet des nouveaux propriétaires est de distribuer la production en partie ou en totalité sur le marché chinois ainsi que de proposer sur place une offre oenotouristique de qualité. Il s'agit de la deuxième opération réalisée par des investisseurs chinois en côtes du Rhône après le rachat en 2012 du domaine de Bouche.

Vins de Corbières


Le château La Bastide à Escales (Aude), domaine de 180 ha a été racheté début 2015 par le consortium d'investisseurs chinois, BHC International Wine Assets Management Group. Il s'agit du premier achat dans la région. L'objectif des nouveaux propriétaires, qui auraient déboursé 5 Millions €, consiste à tirer la marque vers le haut en termes de qualité et de prix de vente. Le château qui produit 300.000 bouteilles par an exporte 95% de sa production sauf en Chine. Les investisseurs ont pour projet de transformer la bâtisse du XIXème siècle en hôtel-restaurant 5 étoiles et de créer un centre d'initiation à la dégustation à Escales. Une directrice Franco-Chinoise a été nommée pour manager l'équipe en place.

2016 - 13 acquisitions

Le château de Sours à Saint Quentin de Baron dans l'Entre-Deux-Mers, a été vendu par le britannique Martin Krajewski. Le nouveau propriétaire est le milliardaire chinois Jack Ma, un ancien professeur d'anglais d'origine modeste qui a fait fortune en créant, en 1999, le géant du commerce en ligne "Alibaba". Le rachat du domaine comprenant une somptueuse bâtisse du XVIII° siècle et un vignoble de 80 hectares produisant 500.000 bouteilles de vin par an a été réalisé via une société  Hong-Kongaise, la Junbao Limited, dont le dirigeant est Kien Leong Lee, un malaisien de 40 ans et homme de confiance de Jack Ma. Le château produit des vins dans une gamme de prix inférieure à 10 euros la bouteille. Les 18 emplois du site seront conservés.

Le château La Cardonne, cru bourgeois à Blaignan Médoc, 

Le château Ramafort, cru bourgeois de 34 hectares situé dans le médoc

Le château Grivière, cru bourgeois sur 36 hectares
Tous trois appartenant aux Domaines CGR de la famille Charloux, pour une surface totale de 125 hectares, ont été achetés par la famille Huang via sa holding Hong-Kong Funshare Life Group Share pour plusieurs millions d'euros. Les 31 membres du personnel sont conservés tout comme le réseau de distribution européen. La production ne devrait être exportée en Chine qu'après une période d'observation des marchés d'au moins un an. (source : Le Figaro économie, Mathilde Visseyrias, 10 février 2016)

Le Château Pérenne, 64 hectares de vignoble en Appellation Blaye - Côtes de Bordeaux à Saint- Genès-de-Blaye.

Le Château Guerry, 20 hectares en Côtes de Bourg.
Ces deux propriétés, stocks compris, ont été vendues par Bernard Magrez au milliardaire Jack Ma, le fondateur du site de vente en ligne chinois "Alibaba" pour une somme estimée à 12 millions d'€ selon le quotidien Le Figaro. Bernard Magrez avait annoncé il y a deux ans qu'il se séparerait de ses vins  d'entrée de gamme pour se concentrer sur les vins classés.
Le château Pérenne propriété du XVII° siècle de 70 hectares au total produit est plantée majoritairement en cépage merlot. La production en rouge et en blanc est estimée à 500.000 bouteilles par an selon la revue spécialisée britannique Décanter.
Le château Guerry est considéré comme le plus ancien cru de l'appellation Côtes de Bourg, son vignoble remontant à la fin du XVIII° siècle. Planté principalement en merlot, cabernet-sauvignon et malbec,  il produit environ 85.000 bouteilles par an. 
Monsieur Ma, deuxième fortune de Chine avec 23 milliards de dollars, avait fait l'acquisition en février 2016 du Château de Sours en Entre-Deux-Mers. Officiellement l'acquisition s'est faite via le Château de Sours et donc via la société française de Monsieur Ma et de ses associés.

Le château Mazeris-Bellevue, 11 hectares à Saint-Michel de Fronsac, appellations Fronsac et Canon Fronsac, aurait été vendu à un investisseur chinois pour la somme de 2,5 millions d'€. Il n'y a eu aucune publication dans la presse.


Le Château Courteillac, Bordeaux supérieur a été acquis par Daohe Wines & Spirits auprès de Dominique Mèneret, 71 ans qui n'avait pas de possibilité de succession familiale. Courteillac est un des fleurons de l'appellation Bordeaux Supérieur. Robert Parker lui a d'ailleurs attribué régulièrement d'excellente notes. Daohe Wines & Spirits est une société spécialisée dans la distribution de vins établie à Guangzhou - Chine. (Sud-Ouest 06.07.2016) 


Le Château Tour Saint-Fort, 14 ha cru Bourgeois Saint Estèphe, vendu par Jean-Louis Laffort à Long Fait International (Hong-Kong). Le prix de l’hectare est estimé à 350.00€ sur l’appellation (source : Decanter, « Chinese investor buys saint-Estèphe château » Jane Anson, 8 mars 2016)

Le Château Le Rey, Côtes de Castillon 12 ha, vendu par la famille Le Roy à Peter Kwok (source : Decanter, « Asian investor Peter Kwok buys another Bordeaux château » Jane Anson, 7 mars 2016)


Château Moulinet, 18 ha à Pomerol a été vendu par Nathalie et Marie-José Moueix à Jack Ma (Alibaba) et à l’actrice Zaho Wei (source : Decanter, Jane Anson, 6 juillet 2016)

Château Les Anguillères, propriété de 23 ha à Pineuilh en OAC Bordeaux, appartenant à Jean François Ossard  a été vendu à un investisseur de Shangaï qui a souhaité conserver l’anonymat. (source : Vitisphère 7 octobre 2016).

Château de Brondeau, propriété de 8 ha de merlot d’un seul tenant en AOC Bordeaux appartenant  la famille Vuille a été vendu au Huiyuan Group Holdings spécialisé dans les jus de fruits frais. Il s’agit de la 7ème propriété acquise par le groupe dans le bordelais.


2017 - 4 acquisitions


Château Bel Air domaine de 55 ha produisant 400.000 cols par an à Belvès en AOP Castillon Côtes de Bordeaux  été vendu par Patrick David au géant de l’agroalimentaire chinois Golden Field. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. L’objectif des nouveaux propriétaires est d’approvisionner le réseau de 4000 supérettes et de restaurant du groupe.

Château Prince Larquey, marque en appellation Bordeaux Supérieur - 40ha à Saint Germain-Du-Puch - appartenant Alain Champenois a été racheté par le groupe chinois basé à Hong-Kong, HeFu Holding. (source : Vitisphère 30 janvier 2017).

Château Trianon, propriété qui avait été acquise en 2013 par l’investisseur chinois Monsieur An Enda a été reprise par le milliardaire bordelais Michel Ohayon. (mars 2017).


Château Fauchey propriété de 26 ha dont 6,5 ha de vigne en appellation Cadillac Côtes de Bordeaux et certifié bio a été vendu par Maryse et Paul-François Emmanuelli à la société d’investissement Profitsun Holdings, baséà Hong-Kong. Mr Xu, le président de Profitsun compte demander de nouveaux droits de plantation et développer le potentiel réceptif de la propriété qui développe des chambres d’hôtes depuis 2014. (source : Vitisphère 24 juillet 2017). Ce nouvel investissement s’inscrit dans une série d’implantation en AOC Cadillac : Châreau Branda (2011) ; Châreau de Pic (2013) ; Châreau de Cayres (2013) ; Châreau Birot (2014) ; Châreau Renon (2014).

Investissement chinois hors du territoire français

Les investisseurs chinois s’intéressent également à d’autres régions viticoles dans le monde. Certains d’entre eux, ont notamment investi dans les vignobles californiens. Rien qu’en 2011, trois propriétés situées à Napa Valley ont été acquises par des investisseurs chinois :

2011
Frazier Winery : la résidence, les vignes et l’outil de production du domaine ont été rachetés pour 7 millions US$ par l’entreprise chinoise Zhang Winery.
- Spanos Berberian, propriété composée de 20 acres de vignoble située sur Pritchard Hill a été achetée par un acheteur anonyme pour la somme de 15 millions de US$.
- Silenus Vintners et son vignoble à Napa Valley a été acheté par un groupe d'investisseurs chinois pour la somme de 6 millions de US$ (2010)***
- Sloan Estate, domaine de 40 acres a été acquise 40 millions de US$ par la financière Goldin Financial Holdings basée à Hong Kong.

2013
- Val de Vie, propriété en Afrique du Sud comprenant un manoir datant de 1783 et un vignoble a été rachetée par la société Perfect China. Cette société est déjà actionnaire majoritaire chez Hein Koegelenberg's Perfect Wine. Il s'agit du tout premier investissement réalisé par un groupe chinois en Afrique du Sud.

- La famille Yu propriétaire de 4 châteaux en bordelais est également propriétaire d'un domaine en AOC Chianti, en Toscane, Italie

2016
- Wei Long Grape Wine a dépensé A$ 13.4 millions pour acheter 3 vignobles australiens regroupant 484 hectares situés à Mildura et à Swan Hill dans le Victoria  et un autre en Nouvelle Galles du Sud.

Biographie de l’auteur :
Loïc Le Roy est bordelais. Il réside à Montréal au Canada depuis 2016. 
Après avoir suivi des études en marketing, techniques de commercialisation et exportation à Bordeaux, il a travaillé une dizaine d’années en tant que responsable des ventes pour un groupe agro-alimentaire international, diffusant une large gamme de produits  destinés aux enseignes de la Grande Distribution. En 1989, Loïc s’oriente vers le coaching en performance auprès de capitaines d’industrie en Asie. A partir de 1994,  par le biais de dirigeants d’entreprises, il met en place des formations spécifiques en préparation psychologique destinées aux athlètes de haut niveau. Son attrait pour la performance humaine l’a amené à présenter en 2008 une thèse en Sciences du Sport à l’Université de Bordeaux intitulée : « La préparation psychologique du sportif : l’esprit et la performance du Moyen Age à nos jours ».
Dès 1999, enseigne dans plusieurs écoles de commerce le management des unités commerciales, la communication et le marketing du vin. 
Depuis avril 2012, il publie des articles sur son blog Mémoires de Vins
En 2014, il s'est spécialisé en "psychologie de la dégustation des vins et spiritueux" ; l'objectif étant d'aider les participants à mieux comprendre, appréhender et gérer les processus perceptifs et émotionnels à l'oeuvre au cours des dégustations. 

Il conçoit et édite des programmes axés sur la performance humaine qui sont accessibles sur son site loicleroyonline.com

Depuis 2016, il est également chroniqueur vin.